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Résumé :
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Quel peut bien être l'intérêt d'une nouvelle étude sur les origines de la théorie marxiste de la religion ? Tout a été dit, semble-t-il, et les aphorismes de Marx donnent lieu à des commentaires stéréotypés plutôt qu'à des analyses vivantes. Or c'est cette apparente stérilité de la pensée qui mérite de retenir l'attention. L'affrontement du marxisme et des croyances religieuses engendre habituellement, soit des réactions passionnelles, soit des discussions scolastiques. Il s'agit, le plus souvent, de dénoncer l'impossible alliance de deux conceptions antagonistes de l'homme et de l'histoire. Chez les auteurs marxistes, cette préoccupation se traduit par un psittacisme doctrinaire qui, à travers les formules tactiques de Lénine, remonte à Engels lui-même. Chez les croyants, le souci apologétique inspire des réfutations sommaires, d'autant plus commodes d'ailleurs que la thèse marxiste est préalablement réduite à un plus petit nombre de propositions détachées de leur contexte. Contaminé par la polémique, le sujet est exploité en fonction des exigences de l'actualité au lieu d'être étudié selon les méthodes de l'investigation historique et critique. La querelle progressiste et le sort de la religion dans les démocraties populaires illustrent à la fois l'importance de l'enjeu et l'insuffisance des efforts de réflexion tentés de part et d'autre.
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