| Titre : | Une Journée d'Ivan Denissovitch |
| Auteurs : | Aleksandr Isaevič Solženicyn, Auteur ; Pierre Daix, Préfacier, etc. |
| Type de document : | texte imprimé |
| Année de publication : | 1963 |
| Oeuvres / Expressions : |
The 42nd parallel [ ] ; français |
| Format : | In-16 (18 cm), 223 p. 9,90 F. [D. L. 5359-63] |
| Langues: | Français |
| Catégories : |
Art et culture > Littérature > Littérature étrangère (sélection) > Littérature russe Politique > Histoire politique > Stalinisme, staliniens, dégénérescence de l'URSS, crimes staliniens Société > Prisons, camps de concentrations Zones géographiques > Europe > Europe de l'Est > Russie (et URSS) |
| Résumé : |
Ivan Denissovitch Choukhov, matricule CH-854, a été condamné à la déportation en camp de travail dans le Nord du Kazakhstan pour « trahison de la patrie » après son accusation d'espionnage, car il a été fait prisonnier par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'il ait été condamné à dix ans, dont il a déjà purgé huit ans11, Choukhov sait qu'à l'instar des autres zeks, il ne quittera vraisemblablement pas le camp vivant.
Le livre s'ouvre à cinq heures du matin, en plein hiver, sur le réveil de Choukhov, malade. D'habitude, Choukhov est l'un des premiers levés, mais ce jour-là, fiévreux, alors qu'il lambine sur son châlit et a décidé de tenter de se faire porter pâle, il est surpris par un surveillant et se fait sanctionner par trois jours de cellule sans interruption de travail : « Trois jours de mitard en allant au boulot ce n'est que demi-cachot, vous mangez chaud et vous n'avez pas le temps de penser. Le vrai cachot, c'est avec dispense de travail ». Il doit commencer par nettoyer le sol du corps de garde, ce qui est plutôt une planque malgré leurs insultes : le local est chauffé alors qu'à l'extérieur, le thermomètre marque -27,5°. Sa punition effectuée, il se rend au dispensaire pour y chercher des soins. Le médecin ne peut pas l'exempter car il a déjà dépassé son quota quotidien d'arrêts de travail, et renvoie Choukhov au labeur. Ce dernier appartient au 104e peloton de travailleurs, composé de 23 hommes et d'un chef à qui les prisonniers doivent une totale obéissance. Les hommes du camp partagent leur temps entre travaux forcés et méthodes de survie, subissant une loi brutale et primaire ne permettant qu'aux plus résistants de s'en sortir. Choukhov est un dur et un travailleur, ce qui lui a valu le respect de ses pairs. Les rations de nourriture (kacha) sont très limitées, et représentent pour les prisonniers leur seule richesse que certains capitalisent, comme le fait Choukhov. À la fin de la journée, il arrive à rendre de petits services à César, un intellectuel capable d'échapper aux travaux manuels en s'étant rendu utile aux services administratifs. César est aussi privilégié, car il reçoit des paquets de nourriture de ses proches, qu'il partage avec Choukhov en remerciement de ses services. Finalement, la journée de Choukhov a été productive, « presque une bonne journée », car il a pu survivre. Ce point de vue restrictif proposé par Soljenitsyne sur la vie au Goulag arrive à faire évoquer l'horreur banalisée que subissent les prisonniers, écrasés par des conditions de vie intolérables et pourtant supportées sans cri, les tortures que l'on devine sans y être confrontés, les petites rapines qui permettent à certains, comme Choukhov, de vivoter, entouré de ceux qui s'écroulent en silence, vaincus par une violence sourde. Soljenitsyne offre à ses lecteurs, dans un livre court et très accessible, une peinture de la cruauté du système concentrationnaire du Goulag encore renforcée par le point de vue subjectif de son héros, bagnard banal, résolu à accepter la violence du système en ayant restreint son humanité aux besoins élémentaires de subsistance et ses espoirs à survivre jusqu'au lendemain. Le roman montre le fonctionnement du goulag, les modalités de surveillance des prisonniers par des gardiens et par les prisonniers eux-mêmes : "On pourrait se dire : à quoi bon ça bosse un zek [=détenu], et des dix ans de suite ? Suffirait qu'il ne veuille pas et qu'il frime jusqu'au soir : la nuit est à nous, hein ? Seulement il n'y a pas de mèche. Et c'est pour ça qu'on a inventé la brigade. Oh, pas la brigade comme en liberté, où je touche mon salaire de mon côté et toi du tien. Que non pas : une brigade de camp, c'est un système pour que ça ne soit pas l'administration qui fasse suer les zeks, mais que chaque zek oblige l'autre à marner. Là, c'est simple: ou bien tout le monde touchera sa ration supplémentaire, ou bien vous crèverez tous ensemble. A cause du malpropre qui ne veut rien faire, il faudrait que, moi, je n'aie rien à bouffer ? Pas de ça, ordure ! Au turbin !" |
| Liste de lecture : | Oui |
Exemplaires (2)
| Code-barres | Cote | Support | Localisation | Section | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| BR-000339 | SOL | Livre | Bibliothèque PMB Services | Romans et récits | Libre accès Disponible |
| BR-001864 | SOL | Livre | Bibliothèque PMB Services | Romans et récits | Libre accès Disponible |


