| Titre : | Avec les ouvriers de Mazamet : dans la grève et l'action quotidienne, 1909-1914 |
| Auteurs : | Rémy Cazals, Auteur |
| Type de document : | texte imprimé |
| Année de publication : | 1978 |
| ISBN/ISSN/EAN : | 978-2-7071-1035-0 |
| Format : | 1 vol. (350 p.-[8] p. de pl.) / graph., couv. ill. en coul. / 22 cm |
| Note générale : | Bibliogr. p. 339-343 |
| Langues: | Français |
| Index. décimale : | 360 (Aide Assistance Secours) |
| Catégories : |
Société > Classes sociales > Classe ouvrière Société > Grèves ouvrières, jacqueries, révoltes Zones géographiques > Europe > Europe de l'Ouest > France > Régions > Occitanie |
| Résumé : |
La grève « est un événement qui parle et dont on parle », écrit Michelle Perrot [1][1 ]M. PERROT, Les Ouvriers en grève (France, 1871-1890), Mouton,…. Pour Yves Lequin, « moment privilégié de la vie ouvrière », la grève « révèle, au travers des conduites, des mentalités collectives qui, d’ordinaire, demeurent à l’état latent et, par-là même, échappent à l’observation [2][2]Y. LEQUIN, « Sources et Méthodes de l’histoire des grèves dans… ». Estimant que « la grève est l’événement par excellence de l’histoire ouvrière », Jacques Julliard cite cette phrase de Victor Griffuelhes, secrétaire général de la C.G.T. de 1901 à 1909 : « La grève, maniée par une classe ouvrière rendue forte par ses luttes, grâce à des syndicats puissants et agissants, peut davantage que tout le contenu des bibliothèques ; elle éduque, elle aguerrit, elle entraîne et elle crée [3][3]J. JULLIARD, Clemenceau briseur de grèves, Julliard, collection…. »
2 Cette dernière citation prend ici tout son intérêt, car Griffuelhes vécut directement, sur place, la grève de 1909. A ce conflit, qui revêtit une importance capitale dans le mouvement ouvrier mazamétain, d’autres personnalités furent, épisodiquement, mêlées : Clemenceau, Jean Jaurès, Mgr Mignot, archevêque d’Albi. Des incidents très violents marquèrent son déroulement ; un énorme déploiement de forces militaires donna à Mazamet l’aspect d’une ville occupée. La presse se saisit de tous ces aspects spectaculaires, les monta en épingle, retint le sensationnel, sans grand souci des nuances ou même de l’exactitude. La véritable importance de la grève des délaineurs tient cependant à des faits de plus large portée. A sa durée : quatre mois ; à sa conclusion victorieuse ; à la conscience des ouvriers d’avoir remporté la victoire, sentiment d’autant plus fort que la lutte fut longue et la résistance patronale acharnée ; à la remarquable organisation des grévistes : soupes communistes, exode des enfants, patrouilles, tournées de propagande. La grève, « acte propre à influencer la conscience des travailleurs », selon Rolande Trempé [4][4]R. TREMPÉ, Les Mineurs de Carmaux, 1848-1914, Les Editions…, fut la cause déterminante de la fusion des syndicats mazamétains dans une nouvelle bourse du travail, adhérant à la C.G.T. La situation originale décrite ci-dessus se transforma ainsi en une nouvelle situation, tout aussi originale : les syndiqués mazamétains adhéraient à la C.G.T., votaient Reille et allaient à la messe. 3 Sur cette grève, nous disposons, en plus des archives administratives et de la presse, de documents patronaux de grand intérêt, de quelques registres syndicaux (malheureusement, la plupart des registres conservés, dont celui des délaineurs, sont immédiatement postérieurs). Griffuelhes écrivit un récit bien documenté et marqué par le souci de replacer le conflit dans le contexte mazamétain. Léon de Seilhac publia surtout des documents, assortis de quelques remarques. Quelques pages et un chapitre de roman furent inspirés à deux auteurs mazamétains par cette grève. Nombreux ont pu être recueillis des renseignements oraux. Pour les contemporains, la grève de 1909 fut LA grève. « Ce fut quelque chose d’inusité, d’extraordinaire », dit M. Ernest Vidal. « Celle de 1909, celle-là c’était une grève ! », s’exclame M. Emile Cugnasse. Enfin, nous avons la chance de posséder une série de photographies irremplaçables qui illustrent les aspects les plus remarquables du conflit. 4 L’importance exceptionnelle de la grève des délaineurs explique l’importance de la documentation. Elle justifie aussi, en partie, la grande place qui lui est accordée ici. Mais, en outre, tout en étant exceptionnelle, la grève de 1909 permet de mieux comprendre le mouvement ouvrier mazamétain : dans le cadre bien précis des conditions économiques, sociales, politiques, religieuses, elle fut l’aboutissement du mouvement ouvrier antérieur, en même temps qu’elle faisait naître les conditions nouvelles de son action à venir. La grève révèle un milieu, des comportements. « Car la grève n’est pas un phénomène abstrait, écrit Michelle Perrot : elle est une décision, plus ou moins réfléchie, plus ou moins spontanée, qui met en jeu les motivations, secrètes ou avouées, les représentations, les désirs, les croyances des acteurs. La grève est un bel objet historique : on y retrouve les hommes. Et le temps [5][5]M. PERROT, « Grèves, Grévistes et Conjoncture. Vieux problème,…. » |
| En ligne : | http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k48008593 |
Exemplaires (1)
| Code-barres | Cote | Support | Localisation | Section | Disponibilité |
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| BR-000329 | 360 CAZ | Livre | Bibliothèque PMB Services | Politique | Libre accès Disponible |


